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LE TABAGISME PASSIF : DÎTES STOP !

Mis à jour : juin 15

Publié le 31/05/2020 - Rédigé par Francesca Ngahane


Connaissez-vous la citation « arrête de fumer, sinon le cancer le fera pour toi » ? Elle nous invite à dire STOP au tabac avant que le cancer – ou une autre maladie – ne frappe à notre porte avec des nouvelles peu réjouissantes pour notre santé.


Cette affirmation est amplement justifiée puisque le tabac est aujourd’hui la principale cause de décès et de maladie dans le monde. Chaque année, ce tueur de l’ombre, plus meurtrier que le paludisme, la tuberculose et le sida réunis, ôte la vie de plus de huit millions de personnes. Parmi elles, environ sept millions sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs.


Si vous êtes bons en calcul, vous comprenez rapidement que plus d’un million d’individus décèdent d’une maladie liée au tabac, sans JAMAIS avoir fumé.


Comment expliquer cela ? C’est très exactement parce que ces personnes sont des fumeurs « passifs » (par opposition aux fumeurs actifs) : ils ont été involontairement exposés à la fumée propagée dans l’air par les fumeurs actifs.


LE TABAGISME PASSIF : AUSSI DÉVASTATEUR QUE LE TABAGISME ACTIF


Vous avez été un fumeur passif toutes les fois où vous avez été exposé à la fumée dégagée par des produits du tabac : les cigarettes bien sûr mais également les bidis (forme de cigarettes) ou le narguilé (avis aux amateurs de chicha : ne sous-estimez pas ses dangers) dans des lieux comme les restaurants, les bureaux ou autres espaces clos.


Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le tabagisme passif provoque plus d’un million deux cent mille décès prématurés chaque année. Rien d’étonnant quand on sait que la fumée du tabac contient plus de 7000 substances chimiques, dont au moins 250 sont nocives et plus de 70 cancérigènes.


Par ailleurs, il faut noter que la fumée de tabac s’infiltre partout et ne disparaît pas une fois la cigarette écrasée. Bien qu’invisible et inodore, elle peut demeurer dans l’air jusqu’à cinq heures exposant ainsi dangereusement l’entourage des fumeurs.


Chez l’adulte, le tabagisme passif entraîne de graves maladies cardiovasculaires et respiratoires dont le cancer du poumon. Chez le nourrisson, il augmente le risque de mort subite tandis que chez la femme enceinte, il est responsable de complications au cours de la grossesse et peut entraîner une insuffisance pondérale du nourrisson à la naissance.


Au niveau mondial, on estime à 165 000 le nombre d’enfants mourant avant l’âge de 5 ans à cause d’infections des voies respiratoires inférieures dues au tabagisme passif.


LE TABAGISME PASSIF ET LE CANCER DU POUMON


Les études relatives à l’incidence du tabagisme passif sur le développement du cancer du poumon sont nombreuses.


Parmi elles, celle du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence rattachée à l’OMS, a conclu que le risque de développer un cancer du poumon augmente de :

  • 20% chez les femmes non fumeuses dont le conjoint fume ;

  • 30% chez les hommes non fumeurs dont la conjointe fume ;

  • 12 à 19% chez les non fumeurs exposés à la fumée de tabac sur leur lieu de travail.


LE TABAGISME PASSIF AU CAMEROUN


Au Cameroun, selon les résultats de la première Enquête Globale sur le Tabagisme auprès des Adultes (GATS Cameroun) menée en 2013 par le Ministère de la Santé Publique, en collaboration avec l’institut National de la Statistique, le Cameroun recenserait plus d’un million d’adultes fumeurs, soit 8,9% de la population. Ces fumeurs sont à l’origine de l’exposition de près de sept millions de personnes à la fumée secondaire, dans des lieux publics.


L’étude démontre qu’une forte proportion des personnes exposées à la fumée des produits de tabac le sont au travail et dans les transports publics. Les restaurants, bars et discothèques sont également des lieux propices au tabagisme passif.


Malgré ces constats, et même s’il existe au Cameroun plusieurs réglementations relatives à l’activité de production et de commercialisation des produits du tabac sur le territoire national, aucune loi n’interdit expressément la consommation de tabac dans les lieux publics.


Pourtant le Cameroun a ratifié la convention cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac à l’image de plusieurs pays du monde qui eux disposent de lois visant la protection de leurs citoyens face à la fumée du tabac. Dans le Monde, c’est environ 1,6 milliard de personnes, soit 22 % de la population mondiale, qui sont déjà protégées grâce à ces cadres juridiques contraignants, notamment en Europe et aux États-Unis.


Sans mesure effective prise par le gouvernement camerounais, comment se protéger du tabagisme passif ?



COMMENT SE PROTEGER DU TABAGISME PASSIF ?


Il n’y a pas de seuil en-dessous duquel le tabagisme passif est sans danger. C’est pourquoi, en l’absence de l’adoption d’une législation anti-tabac, se protéger contre le tabagisme passif est avant tout une question de responsabilité individuelle et collective.


En d’autres termes, les espaces publics (lieux de travail, établissements de divertissements, transports publics, …) devraient inviter leurs personnels et usagers à fumer à l’extérieur de leurs établissements, voire développer des espaces réservés aux fumeurs, mettant ainsi à l’abri les non fumeurs.

De même, chaque citoyen devrait être en droit d’interpeller un fumeur dans un lieu public afin que celui-ci se livre à son activité dans un lieu plus isolé. Toutefois, si vous vous heurtez à des refus, et afin de préserver votre propre santé, éloignez-vous au maximum de la fumée.


Dans ce contexte, l’association Stronger Than Cancer a décidé de lancer la campagne #NoSmokingInside (#PasdeTabacAL’Intérieur) en partenariat avec des restaurateurs, entreprises et lieux de divertissements afin de sensibiliser les clients de ces établissements ou les salariés à fumer à l’extérieur des bâtiments. Le principe est simple : pendant 24 heures, nos partenaires refusent la présence de fumée de tabac dans les espaces accessibles au public. Ces derniers sont libres de renouveler l’action ou de la prolonger.

En adoptant cette initiative et en l’étendant à un nombre plus important d’établissements chaque année, l’association STC souhaite sensibiliser l’Etat et l’opinion publique aux dangers du tabagisme passif et encourager l’adoption de bonnes pratiques dans la vie quotidienne des camerounais.


N’oubliez pas que nous sommes tous acteurs du changement !


#WEARESTRONGERTHANCANCER

#NOTOBACCODAY

#JOURNEEMONDIALESANSTABAC

#NOSMOKINGINSIDE



Sources :

Santé Publique France https://www.santepubliquefrance.fr/

OMS https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/tobacco

Etat de mise en œuvre de la convention-cadre pour la lutte anti-tabac au Cameroun https://untobaccocontrol.org/impldb/wp-content/uploads/reports/cameroon_2012_report.pdf

Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) https://www.iarc.fr/fr/a-propos-du-circ/

Coalition Camerounaise contre le Tabac (C3T) http://c3tcameroun.org/

Tabac Info Service https://www.tabac-info-service.fr/Le-tabac-et-moi/Les-effets-nefastes-du-tabac-pour-moi/Le-tabagisme-passif

Crédit image : yuvamauritius.com